La rhizarthrose, c'est le nom médical de l'arthrose du pouce. Une gêne en tournant une clé, une douleur en ouvrant un bocal, puis une raideur qui s'installe au fil des mois. Cette pathologie touche l'articulation trapézo-métacarpienne, à la base du pouce, et concerne en grande majorité les femmes après 50 ans (ménopause), même si des facteurs de surmenage articulaire peuvent la déclencher plus tôt.

Cependant, la rhizarthrose n'est pas une fatalité qui condamne le pouce à l'immobilité. Des exercices simples, réalisés chez soi et sans matériel médical, permettent d'entretenir la mobilité de l'articulation et de limiter l'évolution des symptômes. C'est ce que nous allons détailler, gestes à l'appui.

Symptômes : comprendre la rhizarthrose et son évolution

L'articulation trapézo-métacarpienne relie le trapèze, un petit os du poignet, au premier métacarpien, celui qui porte le pouce. C'est une zone très sollicitée : chaque geste de pince, de préhension ou de rotation la mobilise. Avec le temps, le cartilage qui protège les surfaces articulaires s'use, les os frottent l'un contre l'autre et l'inflammation s'installe. C'est le mécanisme classique de toute arthrose, ici concentré sur une petite articulation qui travaille énormément.

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Les symptômes typiques sont une douleur à la base du pouce, aggravée par les mouvements de pince (tenir un stylo, visser un couvercle), une perte de force dans la prise, parfois un gonflement localisé et, à un stade avancé, une déformation visible de l'articulation. La maladie évolue par poussées : des périodes douloureuses alternent avec des phases plus calmes. On la distingue d'autres affections de la main comme le syndrome du canal carpien, qui touche le nerf médian au poignet, ou le doigt à ressaut, qui bloque la flexion d'un doigt.

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une rhizarthrose : l'âge, le sexe féminin, une activité manuelle répétitive, des antécédents de traumatisme au pouce, ou une prédisposition familiale. Limiter ces facteurs quand c'est possible (adapter ses gestes au travail, éviter les mouvements de force répétés) fait partie de la prévention, au même titre que les exercices.

Quels exercices pratiquer contre l'arthrose du pouce ?

Les exercices contre la rhizarthrose poursuivent deux objectifs : conserver la mobilité articulaire et renforcer les muscles autour de l'articulation sans la surcharger. Voici les mouvements les plus utiles, à répéter chaque jour :

  • L'auto-massage : masser doucement la base du pouce avec le pouce de l'autre main, en petits cercles, pendant une trentaine de secondes. Ce geste détend les tissus et prépare l'articulation aux exercices suivants.
  • La pince pouce-index : presser doucement la pulpe du pouce contre celle de l'index pendant quelques secondes, puis relâcher. Répéter dix fois. Cet exercice travaille la mobilité sans mettre l'articulation en charge.
  • L'ouverture de la main en étoile : écarter tous les doigts au maximum, maintenir quelques secondes, puis refermer la main. Cela mobilise l'ensemble de la zone métacarpienne, pas seulement le pouce.
  • La préhension douce : tenir un objet léger (un petit verre, un stylo) dans le creux de la main pendant plusieurs minutes, pour travailler la force de prise sans à-coup.

Ces gestes, répétés matin et soir, suffisent souvent à limiter la raideur. La vidéo ci-dessous détaille cinq exercices supplémentaires, avec la bonne posture à adopter pour chacun.

Au quotidien comme pendant les exercices, quelques précautions permettent de ne pas aggraver l'articulation. Le geste de référence reste d'éviter de forcer sur un pouce douloureux (dévisser un bocal en s'aidant d'un chiffon plutôt qu'à mains nues, adopter une prise plus large des objets pour répartir la pression sur toute la main) et d'alterner chaud et froid selon le moment de la poussée : chaud pour détendre avant l'effort, froid pour calmer une inflammation. Les exercices eux-mêmes doivent toujours rester indolores, une douleur vive pendant le mouvement signifie qu'il faut réduire l'amplitude ou s'arrêter, et mieux vaut les pratiquer en dehors des poussées aiguës, quand l'articulation est chaude et gonflée, pour reprendre progressivement une fois la crise calmée. Le port d'une attelle de pouce, le temps d'une poussée ou lors d'une activité manuelle exigeante, aide aussi à soulager l'articulation en limitant les mouvements qui l'agressent, sans remplacer le travail de mobilité. Enfin, ces gestes ne remplacent pas un avis médical : en cas de douleur qui persiste au-delà de deux à trois semaines, de gonflement marqué ou de perte de mobilité rapide, une consultation permet d'ajuster la prise en charge et d'écarter toute autre cause.

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Le rôle de la kinésithérapie

Le kinésithérapeute reste l'interlocuteur de référence pour adapter ces exercices à chaque patient. Il évalue le stade de la maladie, corrige les gestes mal exécutés et propose des techniques complémentaires : mobilisations passives, étirements ciblés, parfois électrothérapie pour calmer la douleur au pouce. Sur prescription du docteur, plusieurs séances de kinésithérapie permettent souvent de retarder le recours à la chirurgie. Quand la rhizarthrose atteint un stade avancé et que la douleur devient invalidante malgré les traitements conservateurs, une opération comme la trapézectomie (ablation du trapèze) ou la pose d'une prothèse articulaire peut être envisagée avec un chirurgien de la main.